Transition Cégep, un projet qui contribue à la prévention du suicide en milieu collégial

Louise Fournier, chercheuse principale, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM)
Florence Déplanche, coordonnatrice du projet Transition Cégep, CRCHUM
Geneviève Cloutier, coordonnatrice du réseau Qualaxia, CRCHUM

Le projet Transition Cégep vise à soutenir les cégeps soucieux d’améliorer la santé mentale de leurs étudiants au moyen d’un processus d’accompagnement structuré. Ce projet de recherche a pour objectifs d’élaborer, d’expérimenter et d’évaluer un programme d’application des connaissances visant à rehausser les interventions favorables à une meilleure santé mentale des étudiants en milieu collégial.

Le programme d’application des connaissances désigne le processus de transfert de connaissances issues de la recherche vers la pratique. Il représente en quelque sorte une « mise en action » de ces connaissances.

Actuellement, il est expérimenté dans six collèges sélectionnés en fonction de leur diversité (nombre d’étudiants et emplacement géographique) :

  • le Collège Montmorency (Laval, 6 392 étudiants, urbain)
  • le Collège Ahuntsic (Montréal, 7 285 étudiants, urbain)
  • le Cégep de l’Outaouais (Gatineau, 5 043 étudiants, semi-urbain)
  • le Cégep de Rimouski (2 580 étudiants, semi-urbain)
  • le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu (4 584 étudiants, semi-urbain)
  • le Collège de Valleyfield (2 065 étudiants, semi-urbain)

Un processus en trois étapes

Comme l’illustre le schéma ci-dessous, le processus comprend trois grandes étapes :

  1. Appropriation des connaissances et évaluation du milieu : six rencontres de trois heures permettent de partager les connaissances scientifiques pertinentes. Les groupes de travail affectés au projet dans chaque cégep sont également invités, au fil des six rencontres, à poser un regard critique et analytique sur leur milieu concernant la santé mentale des étudiants, à l’aide d’un outil prévu à cet effet.
  2. Élaboration d’un plan d’action : à partir des contenus présentés et de l’analyse du milieu, chacun des groupes doit élaborer un plan d’action qui traduit les interventions priorisées en vue d’améliorer la santé mentale des étudiants.
  3. Mise en application du plan d’action : c’est la période pendant laquelle les groupes voient à l’implantation du plan d’action dans leur milieu.

Approche globale de la santé mentale

Le projet de recherche n’a pas pour objectif de prévenir le suicide chez les étudiants du collégial. Il soutient toutefois les efforts en ce sens en favorisant la réflexion et l’action sur des facteurs globaux et variés au regard de la santé mentale des étudiants (voir schéma ci-dessous).

Si le programme d’application des connaissances aborde, au fil des six rencontres, le continuum complet de la santé mentale (promotion et prévention en général et dans les collèges et universités, pratiques et critères d’efficacité en promotion de la santé mentale, demande d’aide chez les jeunes et qualité des services offerts aux étudiants en difficulté), l’accent est cependant mis sur l’action en amont : tous les étudiants sont visés et non seulement ceux qui présentent des signes de détresse. Dans cette optique de promotion de la santé mentale, l’environnement physique et social du cégep, le sentiment d’appartenance et la qualité des services de toute nature offerts aux étudiants sont des exemples d’éléments considérés tout aussi importants en termes d’effet sur la santé mentale que les fragilités individuelles des étudiants et les services destinés à ceux qui éprouvent des difficultés.

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