Fusillade au Collège Dawson : évaluation des impacts de l’événement et suggestion d’un plan d’intervention multimodal

Monique Séguin, Ph. D., Université du Québec en Outaouais; Centre d’études McGill sur le suicide, Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Nadia Chawky, M. A. Université du Québec en Outaouais

Stéphane Guay, Ph. D., Directeur du Centre d’études sur le trauma, Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine et Professeur agrégé, École de criminologie, Université de Montréal.

Richard Boyer, M.A. (Soc.)., Ph. D., Département de psychiatrie, Université de Montréal et Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Alain Lesage, M.D., FRCPC, M.Phil., Département de psychiatrie, Université de Montréal et Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Pierre Bleau, M.D., FRCPC, Directeur médical du Programme d’anxiété du CUSM, Professeur adjoint, Département de psychiatrie, Université McGill.

Entre 1999 et 2009, plus de 60 fusillades sont survenues en milieu scolaire dans le monde. À la suite de la fusillade survenue au Collège Dawson en 2006, un groupe de chercheurs a étudié les conséquences psychologiques de ce tragique événement. Une enquête standardisée a été effectuée auprès d’environ 1 000 étudiants et membres du personnel fréquentant le collège à l’époque de cette tragédie. On a constaté que 18 % des répondants avaient développé un trouble mental alors qu’ils n’en avaient pas connu avant la fusillade. Des troubles tels l’état de stress post-traumatique ont émergé, mais également, par ordre d’importance, de la dépression majeure, de la dépendance à l’alcool et de la phobie sociale. Sept pour cent des répondants présentaient toujours des symptômes de stress post-traumatique au moment de l’enquête.

Le besoin de services adaptés à long terme

Les résultats de cette évaluation proposent un programme séquentiel selon des sphères d’intervention déterminées. Puisque les problèmes évoluent dans le temps, il convient d’adapter les interventions à l’évolution des besoins. Bien que, au moment de l’événement, les opérations soient davantage coordonnées par les forces policières et les services d’urgence médicale, on souligne l’importance d’élaborer également un plan d’urgence psychologique. Après la période de crise, les conséquences des événements deviennent plus réelles. Même si des réactions de stress temporaires peuvent être fréquentes et normales, certaines personnes n’auront pas les ressources nécessaires pour faire face à un tel traumatisme. La disponibilité des services psychologiques et de vigilance à long terme doit être planifiée afin d’évaluer l’émergence de problèmes, dont les troubles de l’humeur, les comportements agressifs ou la dépendance aux drogues ou à l’alcool. Plusieurs programmes d’intervention postincident traumatique proposent des interventions à court et moyen termes, alors que les résultats de cette évaluation laissent voir que les services doivent être modulés et s’étendre sur une période beaucoup plus longue, en fonction de l’apparition de troubles. Des outils de dépistage permettant de déterminer les personnes à risque associées à différents troubles à travers le temps doivent être mis sur pied.

On peut consulter les rapports de cette étude à l’adresse http://www.iusmm.ca/projetdawson.html.