Les enjeux liés à la perte d’un patient par suicide

L’importance de prendre soin de nos intervenants

Michaël Bouchard, finissant au doctorat clinique en psychologie à l’Université de Sherbrooke

Il est important de parler de la santé mentale des thérapeutes, car ce sujet peut en quelque sorte représenter un tabou dans le milieu; certains thérapeutes éprouvent un inconfort avec le fait de reconnaître leur vulnérabilité, de parler de leurs difficultés avec leurs proches ou collègues de travail ou encore d’aller chercher du soutien professionnel. Une telle attitude peut les mener, entre autres, vers un sentiment d’isolement, et exacerber leurs difficultés. Lire la suite…

Attention à la fatigue de compassion!

Dr Normand Martin, psychologue, responsable du Programme d’aide aux policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal

Imaginons un instant un travailleur social qui intervient auprès d’un couple en détresse alors que lui-même vient d’apprendre que sa conjointe le quitte. Imaginons, un autre instant, qu’un psychologue dont la mère vient de décéder reçoit une cliente dont la mère se meurt. Imaginons encore qu’une infirmière, en attente de ses résultats d’examens pour un cancer possible, prodigue des soins à des personnes en oncologie. Toutes ces situations nous rappellent que lorsque nous intervenons auprès de patients, nous ne pouvons faire abstraction de notre propre réalité. Recevoir, accueillir et écouter régulièrement la douleur des autres nous touche et nous change. La fatigue de compassion, silencieuse et insidieuse, nous guette au tournant. Elle s’accumule au fil du temps. C’est afin de tenir compte de cette réalité qu’il est important de s’attarder à la santé mentale des intervenants, et ce, afin de mieux aider nos patients. Lire la suite…

Mieux soutenir nos intervenants pour favoriser leur autonomie

Gaëtan Roussy, psychologue, responsable du comité sur le suicide de l’Association des psychologues du Québec et représentant du Centre professionnel de prévention du suicide de Montréal

Selon moi, la prévention du suicide ne doit pas être considérée comme un simple travail au sens habituel du terme, mais comme un mode de vie. Cette œuvre est exigeante, et nous avons souvent tendance, comme intervenant, à porter la souffrance des autres pour eux. Nous sommes responsables en tout premier lieu d’assurer notre propre bien-être psychologique afin de permettre l’émergence d’un sens renouvelé de notre œuvre d’intervention; nous devons nous connaître, prendre soin de nous-mêmes, connaître nos limites, assumer nos aspirations, notamment. En favorisant ainsi notre émancipation, nous développons une plus grande qualité de relation avec les autres. Nous pourrons de la sorte aider les personnes suicidaires et leurs proches de façon optimale, et serons mieux en mesure de nous soutenir davantage entre collègues. Lire la suite…