S’engager dans sa communauté autochtone

« Nos peuples ont vécu des drames historiques qui, aujourd’hui, ont des répercussions majeures sur la santé générale des membres de plusieurs communautés. S’impliquer dans sa communauté pour prévenir le suicide est important, car c’est une question d’équilibre de vie, voire de survie pour certains de nos enfants et de nos familles. La création de plans de développement local et d’outils de prévention, le soutien psychosocial et médical, la mise en place de stratégies de sensibilisation adaptées à la culture locale sont des exemples de moyens engageants que peuvent prendre les communautés pour contrer ce fléau qui touche largement nos jeunes. Un tiers de l’ensemble des décès chez les jeunes autochtones est attribuable au suicide. Cette statistique est alarmante et il faut encourager l’engagement politique et communautaire afin de freiner ce phénomène. Cet engagement est nécessaire au mieux-être de nos communautés, car il s’agit du fondement qui permettra d’orchestrer les mesures nécessaires à une amélioration de la qualité de vie de nos peuples. »

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Le suicide dans les communautés autochtones du Québec

Michel Tousignant, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal et coordonnateur de l’équipe Wasena/Waseya, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie, Université du Québec à Montréal

Il est difficile d’établir un portrait du suicide en milieu autochtone au Québec parce que l’information sur l’appartenance culturelle n’est pas nécessairement présente dans les dossiers du coroner. Le travail est possible pour les réserves, en faisant le relevé de tous les villages et en consultant chaque fiche individuelle. En dehors des réserves, le travail est semé d’embûches parce que plusieurs autochtones portent des patronymes francophones qui ne leur sont pas exclusifs, tels que Boivin, Brazeau ou Janvier. Lire la suite…

La résilience en milieu familial

Nibisha Sioui, étudiante au doctorat en psychologie communautaire et clinique à l’Université du Québec à Montréal

Michel Tousignant, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal et coordonnateur de l’équipe Wasena/Waseya, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie, Université du Québec à Montréal

Une recherche doctorale a été effectuée en vue d’explorer et de comprendre la résilience familiale à l’intérieur des communautés anishinabeg de Kitcisakik et de Pikogan, en Abitibi-Témiscamingue. Seize mères et seize pères de familles biparentales, cinq mères monoparentales de même que des informateurs clés des communautés ont été interrogés lors d’entrevues individuelles ou de groupes de discussion semi-dirigés. Lire la suite…

Intégrer la culture atikamekw, de la gestion de crise à la transformation individuelle, familiale et communautaire de Wemotaci

Mary Coon, coordonnatrice des programmes de prévention et de postvention, Services de santé de Wemotaci

Isabelle Wood, coordonnatrice intérimaire à la santé mentale, Services de santé de Wemotaci

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la communauté de Wemotaci a connu une importante vague de suicides. Entre 2000 et 2007 seulement, on y a dénombré 14 suicides, sans compter les multiples tentatives de suicide et crises suicidaires. Chaque famille et toute la communauté étaient durement touchées par cette réalité. Les travailleurs de première ligne (policiers, infirmières, intervenants) étaient épuisés. C’est alors que les responsables de la communauté se sont consultés afin de trouver des solutions culturellement adaptées à cette crise. Ils ont d’abord décidé de créer un groupe de travail multidisciplinaire pour l’élaboration et l’implantation d’un plan de prévention du suicide et d’un programme communautaire de postvention. La mise en œuvre de ces deux programmes a débuté au printemps 2001. Lire la suite…

Défi d'avenir

« L’un des défis de taille est la relève, c’est-à-dire les moins de 25 ans, qui composent la majorité de nos populations. Les ressources du milieu qui démontrent un profond engagement, qui favorisent la promotion de l’identité culturelle et qui sont formées pour soutenir les initiatives locales sont fort précieuses. Il faut encourager nos jeunes à prendre le relais et à relever le défi de la lutte contre le fléau du suicide, car ils sont les mieux placés pour comprendre leurs pairs. »

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

« L’un des grands défis d’avenir chez les autochtones est celui de sensibiliser le plus de gens possible à la problématique du suicide et aux services existants. Il faut établir un lien de confiance pour les appuyer, voire les guider dans la traversée de leur souffrance, dans leur deuil. Notre démarche consiste à leur offrir notre soutien dans l’authenticité et le plus grand des respects de leur culture, en privilégiant le rythme propre à leur identité. »

Alyson Deniss, intervenante au Centre de prévention du suicide du Haut-Saint-Maurice

« La prévention du suicide chez les autochtones comporte plus d’un défi, car nos communautés sont diverses et culturellement distinctes. »

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador