S’engager auprès des 17-23 ans

Pour les jeunes, qui vivent dans le moment présent, il est parfois pratiquement impossible de croire que les choses peuvent changer, s’améliorer, que la douleur peut diminuer, et donc que continuer à vivre est la meilleure option… Pour y parvenir, plusieurs ont besoin d’aide. Malheureusement, ils se croient souvent invincibles, invulnérables; ils ont besoin de prouver au monde entier autant qu’à eux-mêmes qu’ils sont autonomes, matures, courageux, qu’ils peuvent et doivent se débrouiller seuls. S’isoler et considérer le besoin d’aide comme un signe de faiblesse sont des réactions trop fréquentes… et périlleuses. C’est donc à chacun de nous de tendre l’oreille ou la main, d’offrir une épaule et d’être en mesure de les guider vers les ressources d’aide appropriées. Il est de notre devoir de leur faire comprendre que d’admettre qu’on a besoin d’aide est une grande preuve de maturité et… de courage. Un petit geste peut tellement compter! Et, selon moi, tout le monde a le pouvoir de changer la vie de quelqu’un. Quand je leur dis ça, aux jeunes, ils sont parfois étonnés. “Moi? Je peux faire ça?” Eh oui. Quand ils réalisent que c’est bien vrai et que leurs yeux se mettent à briller, je n’ai qu’une envie : continuer, encore et encore, chaque jour. Parce qu’une paire d’yeux qui brillent, même une seule, une vie sauvée, même une seule, c’est fantastique, non? »

Marie Gray, auteure et porte-voix de l’Association québécoise de prévention du suicide

Renforcer le sentiment de communauté au Collège Montmorency

Dominique Alarie, directrice adjointe au Service des affaires étudiantes et à la communauté au Collège Montmorency

Le mieux-être et la prévention du suicide nous regardent tous. Un jour ou l’autre, un ami, un parent ou un collègue nous demande de l’écouter et de l’aider. Quelles sont les ressources disponibles dans le milieu? Voilà la question à laquelle répond le programme de promotion du mieux-être et de prévention du suicide Parce que nous embrassons la vie au Collège Montmorency!, lancé à l’occasion de la Semaine nationale de prévention du suicide. Lire la suite…

Transition Cégep, un projet qui contribue à la prévention du suicide en milieu collégial

Louise Fournier, chercheuse principale, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM)
Florence Déplanche, coordonnatrice du projet Transition Cégep, CRCHUM
Geneviève Cloutier, coordonnatrice du réseau Qualaxia, CRCHUM

Le projet Transition Cégep vise à soutenir les cégeps soucieux d’améliorer la santé mentale de leurs étudiants au moyen d’un processus d’accompagnement structuré. Ce projet de recherche a pour objectifs d’élaborer, d’expérimenter et d’évaluer un programme d’application des connaissances visant à rehausser les interventions favorables à une meilleure santé mentale des étudiants en milieu collégial. Lire la suite…

Les conduites risquées à l’adolescence

Denis Jeffrey, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante

La prise de risques, pour plusieurs jeunes, est devenue un mode de vie. L’observation sociologique montre un niveau élevé de prise de risques dans les sports, les comportements délinquants, les relations amoureuses et sexuelles, les conduites addictives, les conduites de défi à l’autorité et dans bien d’autres domaines où le hasard, l’incertitude et l’imprévisible sont importants. D’emblée, on doit accepter que le risque n’est pas contraire à la vie. Au cours de l’existence, tout peut arriver sans crier gare, le meilleur comme le pire. Le risque zéro est mortellement ennuyant. Mais la prise de risques sans aucune préparation entraîne parfois des blessures graves, sinon la mort. Lire la suite…

Le suicide des jeunes, une pathologie du devenir adulte contemporain

Daniel Dagenais, professeur au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia et membre du Groupe interuniversitaire d’étude sur la postmodernité

Une enquête qui visait à documenter une trentaine de cas de suicide de jeunes faisait partie d’une recherche sociologique plus vaste cherchant à comprendre la naissance du suicide des jeunes dans le dernier tiers du 20e siècle. L’enquête a consisté en une série d’entrevues avec les proches des victimes (parents, amis, conjoints, professeurs ou employeurs) afin de comprendre, autant que possible, la vie de ces jeunes et les circonstances qui les ont poussés à mettre fin à leurs jours. Précisons que cette enquête n’avait pas pour objectif de déterminer ce qui aurait pu être fait pour empêcher que ces suicides aient lieu, mais plutôt de comprendre comment des jeunes ont pu être conduits au suicide. Lire la suite…

Étude de trajectoires d’utilisation de services chez des jeunes de 12 à 25 ans ayant fait une tentative de suicide ou décédés par suicide au Québec

Johanne Renaud, M.D. M.Sc. FRCPC, Sophia Rinaldis, M.Sc., Monique Séguin, Ph. D., Alain Lesage, M.D. M.Phil., Jean-Jacques Breton, M.D. M.Sc., Gustavo Turecki, M.D. Ph. D. Institut universitaire en santé mentale Douglas, Université McGill Centre Standard Life pour les avancées en prévention de la dépression et du suicide chez les jeunes Groupe McGill d’études sur le suicide Réseau …

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Défi d'avenir

« Le plus grand défi en matière de prévention du suicide chez les jeunes (17-23 ans) est de les atteindre. En effet, les jeunes ont moins tendance à aller vers les ressources d’aide que les adultes. Pour atteindre cette clientèle cible, il faut être présent dans les médias sociaux afin d’établir un lien de confiance. Par exemple, il faudrait mettre en place une page de discussion pour que les jeunes puissent s’exprimer librement et sans jugement sur les difficultés qu’ils rencontrent. Les intervenants devraient superviser ces pages pour animer les discussions et mieux repérer les personnes suicidaires. »

Renaud Fortier, directeur du Centre d’écoute téléphonique et de prévention du suicide Beauce-Etchemin

« Les principaux défis d’avenir en prévention du suicide chez les jeunes de 17 à 23 ans touchent à la fois les jeunes qui sont en détresse et les personnes qui les entourent, la collectivité. D’abord, et en harmonie avec le message de l’Association québécoise de prévention du suicide, il est impératif de changer les mentalités pour amener les jeunes à ne pas considérer le suicide comme une option. Ensuite, nous devons les convaincre de briser le silence, d’exprimer leur désespoir et de communiquer leur détresse. D’un point de vue collectif, le principal enjeu consiste à développer la sensibilité et la solidarité des personnes en les amenant à démystifier le suicide et à tendre la main à ceux et celles qui en ont besoin, à voir que, sous des comportements que l’on juge très durement comme la toxicomanie, le décrochage scolaire ou l’impulsivité se cache souvent une pulsion suicidaire qu’il faut reconnaître. »

France Turgeon, directrice des services aux étudiants au Cégep de Sherbrooke et présidente du Réseau intercollégial des intervenants psychosociaux, Fédération des cégeps