Le suicide dans les communautés autochtones du Québec

Michel Tousignant, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal et coordonnateur de l’équipe Wasena/Waseya, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie, Université du Québec à Montréal

Il est difficile d’établir un portrait du suicide en milieu autochtone au Québec parce que l’information sur l’appartenance culturelle n’est pas nécessairement présente dans les dossiers du coroner. Le travail est possible pour les réserves, en faisant le relevé de tous les villages et en consultant chaque fiche individuelle. En dehors des réserves, le travail est semé d’embûches parce que plusieurs autochtones portent des patronymes francophones qui ne leur sont pas exclusifs, tels que Boivin, Brazeau ou Janvier. Lire la suite…

La résilience en milieu familial

Nibisha Sioui, étudiante au doctorat en psychologie communautaire et clinique à l’Université du Québec à Montréal

Michel Tousignant, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal et coordonnateur de l’équipe Wasena/Waseya, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie, Université du Québec à Montréal

Une recherche doctorale a été effectuée en vue d’explorer et de comprendre la résilience familiale à l’intérieur des communautés anishinabeg de Kitcisakik et de Pikogan, en Abitibi-Témiscamingue. Seize mères et seize pères de familles biparentales, cinq mères monoparentales de même que des informateurs clés des communautés ont été interrogés lors d’entrevues individuelles ou de groupes de discussion semi-dirigés. Lire la suite…

La place des endeuillés dans la prévention du suicide

Normand Séguin, administrateur de l’Association des endeuillés par suicide de La Traverse

Daniel Lepage, président de l’Association des endeuillés par suicide de La Traverse

Notre organisation fondée en 2006, l’Association des endeuillés par suicide de La Traverse, adhère pleinement à l’ample vision de la prévention du suicide que propose l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). Une vision qui nous paraît participer d’une double orientation, ou mieux, dirions-nous, d’une double tension intellectuelle : d’un côté, une tension relative à l’intervention auprès de personnes en détresse; de l’autre, une tension se rapportant à la diffusion, à travers tout le corps social, d’information, d’idées, de discours accompagnés d’actions appropriées, pour sensibiliser, modifier des perceptions, transformer des attitudes, des comportements. Le suicide qui s’inscrit dans la mémoire familiale et qui bouleverse les milieux de vie est aussi un problème de société. C’est précisément cette volonté d’agir sur le corps social pour influer sur les mentalités qui donne à l’AQPS ces traits qui l’apparentent à un mouvement social, auquel les organisations communautaires apportent une base essentielle. Lire la suite…

Faire la paix avec un chapitre sombre

Entrevue avec David Paradis, réalisateur du documentaire Max Power

Trois ans après le suicide de son cousin Maxime, David Paradis a rassemblé son entourage à l’écran pour un dernier film (www.ikweb.tv/max-power).

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans ce projet?

La volonté de faire en sorte que la mort de Maxime ait servi à quelque chose. Je voulais simplement donner un sens à sa mort. J’avais toujours envie de parler de Maxime, mais le sujet est rapidement devenu tabou. Il n’y avait plus rien de nouveau à raconter, car tout avait déjà été dit. Je voulais faire ce film pour qu’on se souvienne favorablement de qui il était et aussi pour aider certaines personnes qui vivent ce genre de situation. Lire la suite…

Se mettre en action pour vivre notre tristesse autrement

Évelyne Boisvert, infirmière et instigatrice du Défi Course à la vie d’Odanak

Le temps de prendre la route du retour est venu. Même les paroles et la musique de Billy Talent, bien apprécié de Jo, n’arrivent pas à percer le lourd silence qui s’est installé dans la voiture. Ce dernier au revoir fut un moment difficile pour mon mari et moi. Des émotions, des images, des pensées se bousculent; on veut comprendre ce départ précipité et surtout on ne veut jamais oublier cet homme si accueillant, si aimant. On cherche tous les deux à briser ce silence, à trouver la parole juste. Puis on exprime le besoin de se mettre en action pour vivre notre tristesse autrement et, quasi en simultané, l’idée de courir jaillit. Quand on court, on ne pense qu’à respirer, qu’à mettre un pied devant l’autre, on n’a pas le temps de songer à s’enlever la vie… C’est ça, on va rassembler des gens et on va courir. Du coup, on respectera le désir de la famille de faire un don au Centre prévention suicide Les Deux Rives en lui remettant les profits. On incitera aussi les gens à bouger pour leur santé, physique et mentale. Lire la suite…

Quand le suicide d’un proche te rentre doublement dedans : témoignage réflexif

Anne-Marie Beaulieu, psychoéducatrice, personne-ressource en difficultés de comportement et de santé mentale pour les commissions scolaires de la Montérégie et endeuillée par suicide

Le 6 mai 2006, j’ai perdu mon fils aîné, décédé par suicide à l’âge de 21 ans. Cette perte, en plus de m’atteindre dans ma dimension personnelle et maternelle, est venue bousculer durement mon identité professionnelle. Je suis psychoéducatrice depuis plus de 30 ans. Pourtant, mon expérience professionnelle ne m’a pas permis de détecter l’ampleur de la détresse vécue par mon fils et de lui offrir l’aide nécessaire. Après sa mort, une longue reconstruction s’est amorcée pour que je trouve un sens à la poursuite de ce métier que j’aime tant. Lire la suite…

Intervenir dès la phase de choc à la suite d’un suicide : comment la postvention devient-elle de la prévention?

Denise Deshaye, travailleuse sociale au CLSC de la région de Thetford

Véronique Bourgault, travailleuse sociale au CLSC de Sainte-Marie de Beauce

Le guide pratique Intervenir dès la phase de choc à la suite d’un suicide, publié par l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches, s’adresse aux intervenants sociaux des CSSS et des centres de prévention du suicide (CPS) qui travaillent auprès des familles et des proches éprouvés par le suicide d’un des leurs. La particularité de ce guide d’intervention est qu’il concerne précisément la phase de choc, c’est-à-dire la période suivant la découverte du corps ou l’annonce de la nouvelle du suicide. Dans cet ouvrage sont synthétisés et rédigés dans un style télégraphique les éléments essentiels à considérer par l’intervenant social qui veut remplir son rôle adéquatement auprès des proches dans la phase de choc. Largement inspiré des expériences professionnelles et des réflexions des collègues de la santé et des services sociaux de la région de Chaudière-Appalaches, le document est divisé en trois sections qui collent à la réalité professionnelle de l’intervenant. Lire la suite…

Fusillade au Collège Dawson : évaluation des impacts de l’événement et suggestion d’un plan d’intervention multimodal

Monique Séguin, Ph. D., Université du Québec en Outaouais; Centre d’études McGill sur le suicide, Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Nadia Chawky, M. A. Université du Québec en Outaouais

Stéphane Guay, Ph. D., Directeur du Centre d’études sur le trauma, Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine et Professeur agrégé, École de criminologie, Université de Montréal.

Richard Boyer, M.A. (Soc.)., Ph. D., Département de psychiatrie, Université de Montréal et Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Alain Lesage, M.D., FRCPC, M.Phil., Département de psychiatrie, Université de Montréal et Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Pierre Bleau, M.D., FRCPC, Directeur médical du Programme d’anxiété du CUSM, Professeur adjoint, Département de psychiatrie, Université McGill. Lire la suite…

Du Nord-du-Québec à Montréal, ça persiste : l’homosexualité et le suicide chez les jeunes

Charles Marois, directeur des ressources humaines de Garneau Travail et militant pour l’acceptation et la déstigmatisation de l’homosexualité en région

Eduardo Perez, bachelier en sociologie à l’Université de Montréal et militant depuis plusieurs années dans les sphères politiques et sociales, notamment pour l’homosexualité en milieu urbain

Plusieurs organismes et mouvements travaillent encore aujourd’hui à la lutte contre l’homophobie et au renforcement des moyens d’action pour prévenir l’intimidation dans tous les milieux sociétaux : le travail, la famille, le cercle d’amis et de connaissances, les milieux communautaires et scolaires. Bien que la société change et s’adapte aux nouveaux modes de vie, certains tabous comme l’homosexualité perdurent en ville comme en région; les tabous ne sont pas uniquement l’affaire des habitants de la banlieue ou des villages. Parfois, il s’en dégage même une préoccupation culturelle ou spirituelle et, malgré la sensibilisation effectuée depuis maintes années, le suicide persiste comme solution perçue. Lire la suite…

Le refuge en France

Isabelle Chollet, psychologue en cabinet privé et au Refuge et formatrice à l’Institut régional du travail social de Montpellier
Découvrir, assumer et vivre son homosexualité peut être au-dessus des forces de certains jeunes gais et lesbiennes. La sensation d’être différent, de ne pas répondre aux attentes et aux projections de ses proches, l’exclusion, le mensonge peuvent occasionner des troubles psychologiques et des mal-être allant parfois jusqu’au suicide.

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