Au-delà de la transphobie : les ados trans, l’école et le droit à l’invisibilité

Françoise Susset, M.A., psychologue spécialisée dans l’accompagnement des personnes trans et de leurs proches

Le terme trans ou transgenre est à la fois rassembleur et réducteur. Il semble incontournable de préciser avant tout les diverses réalités vécues par les jeunes dont l’identité ou l’expression de genre se situent à l’extérieur des normes de masculinité et de féminité, car il existe un risque important que les revendications visant l’acceptation d’une diversité d’expression et d’identification de genre ne tiennent pas compte des besoins de bon nombre de ces jeunes qui s’identifient plus conventionnellement comme appartenant à « l’autre sexe ».

De manière générale, ces jeunes ne se sentent pas concernés par les débats portant sur la diversité des représentations de genre. Leur but se résume plutôt à appartenir de façon convaincante et conventionnelle à l’un des deux genres et non à les remettre en question de quelque manière que ce soit.

Intégration sociale

Si notre objectif est d’inclure le soutien à ce groupe de jeunes trans, il semble important de reconnaître le besoin d’invisibilité recherché par ces jeunes dont l’objectif est l’intégration au groupe correspondant à leur identité de genre; il s’agit en quelque sorte de soutenir leur désir d’invisibilité en nous assurant de ne pas « invisibiliser » leurs besoins.

L’accès aux moyens permettant leur intégration sociale s’avère une préoccupation majeure pour ces jeunes trans. La priorité devient donc de faciliter l’accès aux spécialistes capables de fournir les traitements médicaux qui appuient leur démarche ainsi qu’au soutien psychologique pour toute la famille.

Quête d’expression identitaire

De leur côté, les écoles ne peuvent ignorer les besoins de ces jeunes, car leur quête d’expression identitaire correspond à une réalité médicale pour l’instant incontournable qui confère le droit à la confidentialité. Par exemple, ces milieux scolaires sont tenus à l’obligation d’affirmer le genre des jeunes tout en tenant confidentielles toutes les informations légales concernant le prénom et la mention du sexe.

Afin de comprendre comment faire face à leurs obligations envers ces jeunes, les milieux scolaires sont donc contraints à s’ouvrir à la complexité des représentations de genre et de manière plus générale aux besoins de tous les groupes de jeunes des minorités sexuelles.