Un recueil de textes pour favoriser l’application des connaissances et l’amélioration des pratiques

Dans le cadre du dernier Grand forum de la prévention du suicide, qui se déroulait à Trois-Rivières en septembre 2012, un projet de diffusion des connaissances a été élaboré par l’Association québécoise de prévention du suicide en collaboration avec plusieurs conférenciers et spécialistes du domaine.

Regards croisés sur la prévention du suicide est un recueil de textes qui permet de faire rayonner le contenu présenté lors du dernier Grand forum  ainsi que les réflexions amorcées, de diffuser des connaissances scientifiques et épidémiologiques et de favoriser leur application dans le but d’améliorer les pratiques. Lire la suite…

Le défi de la promotion de nouvelles pratiques

Pierre Colerette, spécialiste en accompagnement au changement et professeur retraité de l’Université du Québec en Outaouais

*Ce texte a été rédigé afin d’aider les gestionnaires à mieux comprendre les aléas du changement organisationnel et, ainsi, à mieux implanter les bonnes pratiques en prévention du suicide dans leur région.*

Nous vivons dans un monde où les organisations sont constamment appelées à changer pour s’adapter à une réalité qui évolue rapidement. Il semble hélas que l’on n’ait pas réussi à mettre au point l’outillage qui permettrait aux dirigeants de bien maîtriser cette exigence de notre temps. En effet, selon certaines études, à peine le tiers des changements organisationnels seraient réussis. Il faut dire que les connaissances dans le domaine du changement organisationnel sont encore bien pauvres, cette discipline n’étant apparue que vers les années 1950. En outre, jusqu’au début des années 1990, les pratiques sur le terrain étaient souvent davantage fondées sur des croyances et des impressions que sur une base documentée. Lire la suite…

Les endeuillés ont-ils une place dans la prévention du suicide?

Michael Sheehan, bénévole et endeuillé par suicide

Mes 25 années d’expérience comme juge et mes 15 années comme bénévole m’indiquent très clairement que oui, les endeuillés ont un rôle prédominant à jouer dans la prévention du suicide. La raison est bien simple : le message de la prévention, comme tous les messages d’action sociale, doit idéalement être véhiculé par des témoins crédibles. Lire la suite…

Comprendre et accompagner nos jeunes dans l’épreuve de la mort d’un proche : un atout pour une génération sans suicide

Josée Masson, travailleuse sociale, fondatrice et directrice générale de Deuil-Jeunesse

Nos vies sont parsemées de moments de bonheur et de malheur… Nous voudrions abolir l’existence des moments difficiles, mais le constat est là : les épreuves sont inévitables. Elles sont inévitables pour nous, les adultes, mais aussi pour nos jeunes : échecs scolaires, défaites sportives, chicanes avec les amis, séparations, déménagements, troubles de santé ou décès d’un être cher… La mort d’un être cher est d’ailleurs un des stress les plus importants de la vie, celle d’un parent l’étant sans contredit (Elkind, 1983). Lire la suite…

Quoi de neuf sur les tentatives de suicide chez les jeunes de la diversité sexuelle?

Michel Dorais, professeur et chercheur, Université Laval

Toutes les recherches permettant de comparer le vécu des jeunes lesbiennes, gais, bis ou en questionnement (LGBQ)1 à ceux de leurs pairs (hétérosexuels ou présumés tels) montrent qu’ils sont beaucoup plus sujets à des conduites à risque et à des tentatives de suicide2. Si, en ce qui concerne les suicides, les données demeurent rarissimes, c’est que la méthode d’autopsie psychologique souffre du fait que, d’une part, nombre de jeunes emportent souvent dans la tombe le « secret » de leur orientation sexuelle et que, d’autre part, leurs familles peuvent être très réticentes, voire fermées, à l’idée d’aborder cette question (lorsqu’elle est posée), surtout quand l’orientation sexuelle du jeune était niée, stigmatisée ou rejetée par ses proches. Lire la suite…

Intégrer la culture atikamekw, de la gestion de crise à la transformation individuelle, familiale et communautaire de Wemotaci

Mary Coon, coordonnatrice des programmes de prévention et de postvention, Services de santé de Wemotaci

Isabelle Wood, coordonnatrice intérimaire à la santé mentale, Services de santé de Wemotaci

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la communauté de Wemotaci a connu une importante vague de suicides. Entre 2000 et 2007 seulement, on y a dénombré 14 suicides, sans compter les multiples tentatives de suicide et crises suicidaires. Chaque famille et toute la communauté étaient durement touchées par cette réalité. Les travailleurs de première ligne (policiers, infirmières, intervenants) étaient épuisés. C’est alors que les responsables de la communauté se sont consultés afin de trouver des solutions culturellement adaptées à cette crise. Ils ont d’abord décidé de créer un groupe de travail multidisciplinaire pour l’élaboration et l’implantation d’un plan de prévention du suicide et d’un programme communautaire de postvention. La mise en œuvre de ces deux programmes a débuté au printemps 2001. Lire la suite…

Souffrir en 2013, avons-nous le temps, le droit et l’espace?

Marc-André Dufour, psychologue pour la Défense nationale au programme de soutien pour traumas et stress opérationnel Avertissement : Ceci n’est pas un texte neutre et scientifique, c’est un cri du cœur qui survient après bientôt 20 ans à prévenir des suicides, humain par humain. Conséquemment, j’ai une déformation professionnelle vers la vie et je me trouve en …

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Mieux soutenir nos intervenants pour favoriser leur autonomie

Gaëtan Roussy, psychologue, responsable du comité sur le suicide de l’Association des psychologues du Québec et représentant du Centre professionnel de prévention du suicide de Montréal

Selon moi, la prévention du suicide ne doit pas être considérée comme un simple travail au sens habituel du terme, mais comme un mode de vie. Cette œuvre est exigeante, et nous avons souvent tendance, comme intervenant, à porter la souffrance des autres pour eux. Nous sommes responsables en tout premier lieu d’assurer notre propre bien-être psychologique afin de permettre l’émergence d’un sens renouvelé de notre œuvre d’intervention; nous devons nous connaître, prendre soin de nous-mêmes, connaître nos limites, assumer nos aspirations, notamment. En favorisant ainsi notre émancipation, nous développons une plus grande qualité de relation avec les autres. Nous pourrons de la sorte aider les personnes suicidaires et leurs proches de façon optimale, et serons mieux en mesure de nous soutenir davantage entre collègues. Lire la suite…

Attention à la fatigue de compassion!

Dr Normand Martin, psychologue, responsable du Programme d’aide aux policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal

Imaginons un instant un travailleur social qui intervient auprès d’un couple en détresse alors que lui-même vient d’apprendre que sa conjointe le quitte. Imaginons, un autre instant, qu’un psychologue dont la mère vient de décéder reçoit une cliente dont la mère se meurt. Imaginons encore qu’une infirmière, en attente de ses résultats d’examens pour un cancer possible, prodigue des soins à des personnes en oncologie. Toutes ces situations nous rappellent que lorsque nous intervenons auprès de patients, nous ne pouvons faire abstraction de notre propre réalité. Recevoir, accueillir et écouter régulièrement la douleur des autres nous touche et nous change. La fatigue de compassion, silencieuse et insidieuse, nous guette au tournant. Elle s’accumule au fil du temps. C’est afin de tenir compte de cette réalité qu’il est important de s’attarder à la santé mentale des intervenants, et ce, afin de mieux aider nos patients. Lire la suite…

L’importance de prendre soin de nos intervenants

Michaël Bouchard, finissant au doctorat clinique en psychologie à l’Université de Sherbrooke

Il est important de parler de la santé mentale des thérapeutes, car ce sujet peut en quelque sorte représenter un tabou dans le milieu; certains thérapeutes éprouvent un inconfort avec le fait de reconnaître leur vulnérabilité, de parler de leurs difficultés avec leurs proches ou collègues de travail ou encore d’aller chercher du soutien professionnel. Une telle attitude peut les mener, entre autres, vers un sentiment d’isolement, et exacerber leurs difficultés. Lire la suite…